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LA MARTINIQUE

Martinique

Ce dossier a été réalisé avec les sources provenant de l’IEDOM et des
Tableaux Economiques Régionaux Martinique.


PLAN de l’Etude :
1 ) Géographie.
2 ) Organisation Administrative.
3 ) Démographie.
4 ) Economie.
     A ) Emploi.
     B ) l’ Industrie.
     C ) l’Artisanat.
     D ) le Commerce.
     E ) le Trafic portuaire.
     F ) l’activité Aéroportuaire.
     G ) le Tourisme.
     H ) Perspectives.

1 ) - Géographie:
La Martinique se situe en plein cœur de l’archipel des caraïbes lequel débute au nord face à la Floride avec Cuba et les Bahamas et se termine à l’extrémité sud avec Trinidad face au Vénézuela lequel est situé sur le continent sud-américain.

Ses îles voisines les plus proches sont au nord la Dominique à 25 kms puis à 120 kms plus haut l’autre île française de la Guadeloupe, et au sud l’île de Sainte Lucie à 37 kms. La patrie métropole se trouve à 7.000 kms, New York à 3.150 kms et la côte sud de la Floride ( USA ) à 440 kms.

Par sa superficie l’île occupe la seconde place des petites antilles derrière la Guadeloupe, 64 kms de long sur 20 kms de large, et ses 1.280 km2 sont entourés par l’Océan Atlantique à l’Est, et la mer des Caraïbes à l’Ouest baigne ses belles côtes de sable fin jaune ou blanc qui attirent le tourisme.

Le sud constitué de collines peu élevées se révèle comme la région touristique par excellence avec les plus belles plages de sable fin et leurs cocotiers, et les plantations de canne à sucre.

Le nord est plus montagneux dominé par la montagne Pelée et son volcan destructeur en 1902, la végétation est luxuriante et d’une riche variété du fait de pluies plus fréquentes et d’une humidité quasi permanente, et cette région abrite les bananeraies, les plantations d’ananas.

Son climat est tropical humide adouci par les alizés, avec une température moyenne qui évolue sur le sud de l’île entre 20 à 32 degrés toute l’année. Serait-ce suffisant! pour expliquer son leadership national en matière d’espérance de vie sur tout le territoire français, soit selon l’INSEE, 82 ans pour les femmes et 76 ans pour les hommes.


2 ) - Organisation administrative:
Elle a le statut de département comportant 34 communes réparties dans 4 arrondissements avec préfecture FORT de FRANCE ville la plus peuplée 94.000 habitants en 1999, soit 25 % de la population globale et une prévision d’atteindre les 100.000 résidents en 2004.
Depuis 1982, elle a acquis le statut de Région avec la particularité d’être la plus petite région du territoire français par sa superficie et la plus dense en peuplement derrière celle de l’Ile de France, laquelle oh paradoxe !!, accueille 80 % des 212.000 natifs des Antilles résidant en France métropolitaine soit l’équivalent de la population de la Martinique en 1954 !.


3 ) - Démographie:
Le recensement de 1999 donne les indications suivantes : 381.500 habitants soit + 20.000 personnes par rapport à 1990 dont 174.000 d’entre eux forment la population active, 28.000 sont Rmistes et 40.000 relèvent du régime général de la retraite. Signe d’un début de vieillissement de la population, la tranche d’âge des 40 / 59 ans représente 23,3 % contre 19,3 % en 1990, celle des 60 ans et + 16,6 % contre 14 % en 1990, soit presque 50 % pour les deux catégories.

Dans le même temps les classes les plus jeunes de 0 à 19 ans régressent de 33 % en 1990 à 29,6% en 1999 et celle des 20 / 39 ans de 33,7 % à 30,5 %. Sur 131.000 ménages, 2,88 personnes par ménage, 50.000 familles relèvent du régime des allocations familiales et 34.000 familles perçoivent celles de la rentrée scolaire.


4 ) - Economie :
Le PIB par habitant ( richesse produite ) en 1997 est de 13.220 € soit le second plus important de la zone caraïbes derrière les Bahamas.
En 2000, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1 % , soit moins vite qu’en métropole [ 1,6 % ].
La France métropolitaine est le 1er partenaire commercial de l’île en représentant 58 % de ses exportations et 63 % de ses importations. La Guadeloupe est le second client, puis en ordre d’importance décroissante, la Guyane, le Royaume Uni, le Benelux et le Canada.
Derrière la métropole, le Vénézuela est le second fournisseur notamment en pétrole, puis l’Allemagne, l’Italie et les Antilles néerlandaises.
Des dispositifs de soutien aux secteurs industriel et artisanal ont été créés et financés par des crédits européens, concernant les investissements sur les projets économiques, le tourisme, la culture, la formation, le développement rural et la réhabilitation urbaine de la Martinique.

a) – Lorsque l’Europe injecte 1 € dans le développement régional, la France ajoute 1 autre € au minimum. La subvention globale pour la période 2000 / 2006 s’élève à 675 millions d’euros.

Les projets sont éligibles au :
FEDER – Fonds Européen de Développement Rural, 66 % des fonds.
FSE – Fonds Social Européen, 18 % des fonds.
FEOGA – Fonds Européen d’Orientation et de Garantie Agricole, 15 % des fonds.
IFOP – Instrument Financier d’Orientation de la Pêche, 1% des fonds.

b) – Pour adapter le tissu industriel, artisanal et commercial, le contrat de plan Etat / Région 2000-2006 prévoit 9,2 millions d’euros de financement.

Les entreprises artisanales peuvent bénéficier de subventions :
prime régionale à l’emploi des jeunes [ 4.573 € ], sous réserve d’engager en CDI une personne sans emploi âgée de 18 à 25 ans.
fonds d’aide aux micro-projets plafonnée à [ 30.490 € ] par projet ou 50 % du montant de l’investissement, pour le financement des dépenses en biens matériels de moins de [ 91.469 € ].

Outre ces deux dispositifs, la Région propose d’autres aides, prime à la création d’entreprises, l’aide à l’accompagnement et au développement, le fonds d’aide au conseil et l’aide aux entreprises en difficulté.

c) – Le dispositif des fonds DOM consiste à garantir les établissements de crédit à concurrence de 70 % des crédits d’investissement octroyés à leurs clients. Il est financé par l’Etat et le FEDER, géré par l’Agence Française de Développement pour le compte de la BDPME. Il concerne les entreprises de tous secteurs dont le chiffre d’affaires est inférieur à 38 millions €.

d) – Une loi 2002 de modernisation pour l’activité artisanale permet d’améliorer les conditions de financement pour la création d’une entreprise, par l’utilisation des fonds d’un PEL, d’un PEA ou d’un livret d’épargne entreprise.


A ] – l’Emploi :
La population active totale, soit au sens économique, la main d’œuvre potentielle d’une économie, rassemble 174.000 personnes au recensement de 1999, soit + de 5 % de plus qu’en 1990. Les femmes actives sont désormais plus nombreuses d’un millier que les hommes actifs, mais elles connaissent plus fréquemment des situations de chômage que les hommes.

La proportion bascule dans le ratio de la population active occupée, soit celle qui exerce une activité ou profession, au profit des hommes 60.000 comparativement aux femmes 56.000 soit 116.000 personnes occupées avec une progression de 5% par rapport à 1990.

20.000 chômeurs en 2003 sont inscrits et indemnisés par les ASSEDIC.

Le taux d’activité, part de la population active dans la population totale, des + de 15 ans est supérieur à celui de la métropole [55 % contre 49 %].
Celui des jeunes de moins de 25 ans continue de baisser en conséquence de l’allongement de la durée des études, et se trouve inférieur à celui de la métropole. A partir de 50 ans ce taux d’activité est plus élevé qu’en métropole suite au prolongement de l’activité dans la fonction publique au-delà de 60 ans.

Près de 82% des actifs occupés sont salariés, les autres [ non salariés], étant employeurs ou travailleurs indépendants. 70 % des emplois sont occupés dans le secteur tertiaire, ( le poids du tertiaire comme dans les autres départements français d’Amérique étant sensiblement supérieur à celui de la métropole), l’industrie 8% la construction 5% , le secteur agricole et pêche 7%.
Les salariés du tertiaire sont majoritairement employés dans le secteur [éducation – santé – action sociale], et dans l’administration, alors que plus de la moitié des non salariés travaillent dans les secteurs du commerce et du transport.

Le 1er employeur public est le ministère de l’Education Nationale qui regroupe 69 % des effectifs des ministères civils, suivi de la fonction publique hospitalière représentant 14 % soit 5.300 agents, du ministère de l’Economie et des Finances - 9,50 % - et du Ministère de l’Intérieur - 7 % -.

La fonction publique compte 37.000 agents [Statistiques 1998] soit un peu moins du tiers des emplois de la Martinique. La fonction publique d’Etat emploie 18.000 personnes de statuts différents. Les femmes représentent 55 % de l’ensemble de la fonction publique d’Etat.

La fonction publique territoriale emploie 14.000 agents aux statuts divers, travaillant dans des organismes communaux et intercommunaux, ou régionaux et départementaux.
Les effectifs de la Défense Nationale étant « secret défense » ne peuvent être pris en compte.


B ] – l’industrie :
Selon l’INSEE, 24.644 entreprises relevant des secteurs de l’industrie, du commerce et des services étaient répertoriées au 1er janvier 2000 contre [23.600 en 2003], 47 % des entreprises étaient dans les services [49% en 2003], 30 % dans le commerce et 14 % dans la construction [15% en 2003].
Au 1er janvier 2000, les 6 plus grandes entreprises installées dans l’île emploient plus de 300 salariés, [ 2 dans l’industrie, 3 dans les services aux entreprises et 1 dans les services aux particuliers].

FORT de FRANCE et la zone d’activité du LAMENTIN accueillent 70% des plus grands établissements dont les leaders. Seul le sud a le monopole des grandes structures pour les services aux particuliers grâce aux hôtels.
Les études sectorielles 2000 / 2001 de l’IEDOM réalisées sur 108 entreprises industrielles bénéficiant d’une cotation valide font apparaître que :
l’activité industrielle a été plus dynamique qu’en métropole ;
le rendement de la main d’œuvre y est devenu légèrement plus performant ;
les délais de paiements se sont améliorés, hormis la branche consommation courante.

En 2001, sur l’ensemble de l’industrie, les taux de marge commerciale et d’exploitation, progressent alors que la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité globale se détériorent à cause des politiques de provisionnement des entreprises et des efforts réalisés pour améliorer leur haut de bilan ( accroissement des fonds propres).

Nombre d’Etablissements Indutriels par Taille et Activité au 01/01/2000
 
Aucun salarié
1 à 5 salariés
6 à 9 salariés
10 à 19 salariés
 + 19 salariés
Non recensés
Total
Industrie agricole/aliment
137
170
46
39
28
53
473
Indus. biens de consommation
+ automobiles
440
222
31
16
10
65
784
Indus. biens d’équipement
226
175
36
21
6
37
501
Indus. Biens intermédiaires
228
185
41
42
20
47
563
Sous-Total>
1.031
752
154
118
54
202
2.321
Energie
13
1
1
2
5
4
26
Construction
1677
1108
127
84
32
360
3388
Commerce
4139
2059
347
205
130
490
7370
Transports
2162
464
51
37
36
2928
Activités Immobilières
260
92
8
2
1
18
381
Services aux entreprises
1742
875
124
97
84
145
3067
Services aux particuliers
1769
1008
131
56
52
190
3206
Education-santé
1253
548
40
11
3
102
1957
TOTAL
14.046
6.907
983
612
407
1.487
24.644
%
57 %
28 %
4 %
2,5 %
1,6%
100 %

Source : SIRENE – INSEE – TER Martinique 2000


C ] – l’Artisanat :
Au 1er janvier 2000, la Martinique compte 7.733 entreprises artisanales, contre 7.705 en 2000. 85,6 % d’entre elles ont moins de 5 salariés, dont 55 % comptent un artisan travaillant seul et 31 % ne dépassent pas 5 salariés.
Le bâtiment représente 40 %, et le secteur des services ( réparation, transport, autres services) 35 %, de l’ensemble des entreprises artisanales.

Dans le secteur du textile / cuir / habillement, comme dans celui de l’artisanat de service, la prédominance de la très petite structure est très marquée, 96 % d’entre elles emploient moins de 5 salariés.
L’artisanat est implanté à plus de 60% dans le centre de l’île où se concentre d’ailleurs une forte partie de la population, puis dans le sud 30%.

Nombre d’Entreprises Artisanales par Secteur et par Taille en 2000
 
Aucun salarié
1 à 5 salariés
6 à 9 salariés
10 à 19 salariés
+ de 19 salariés
Non déclarés
Total
Bâtiment
1.539
1.058
114
52
10
305
3.078
Travail des Métaux
168
132
27
15
3
29
374
Autres fabrications
253
166
32
6
0
37
494
Bois  Ameublement
186
112
23
7
4
33
365
Textile
119
50
6
2
0
14
191
Services
1.734
705
71
20
8
117
2.715
Autres Activités
0
2
0
0
0
0
2
Alimentation
224
172
47
26
6
39
514
TOTAL
4.223
2.397
320
128
31
7.733

Source : SIRENE – INSEE – TER 2000


D ] – Le Commerce.
Première activité du secteur privé en termes d’emplois en 2000, (16.530 salariés) et de richesse (14% de la valeur ajoutée), il comptabilise plus de 56 % d’établissements sans salariés alors que moins de 10 % ont plus de 5 salariés.
1) - En 2000, le commerce du détail principale activité du secteur, représente près de 58 % des établissements et 45 % de l’effectif salarié. Il ne représente que 33 % du chiffre d’affaires global et 40 % de la valeur ajoutée du secteur. Près d’un quart sont des commerces à dominante alimentaire.
2) - Le commerce de gros, est la seconde activité du secteur.
3) - Une entreprise sur sept est spécialisée dans le commerce automobile
et de la réparation, qui concerne aussi le commerce de pièces détachées, la distribution de carburants et l’entretien / réparation ( 65 % du secteur ).


E ] – Le Trafic portuaire.
En 2002 le nombre d’escales de navires marchands a augmenté de 5% par rapport à 2001, et le trafic marchandises amorce une reprise avec + 6% pour les marchandises embarquées et + 1% pour celles débarquées. De même la croissance du nombre de conteneurs pleins expédiés + 12% est doublement supérieure à celles des marchandises embarquées.

A - Marchandises débarquées
Année 2002 ( Milliers de Tonnes )
Pourcentage
Produits pétroliers
870
44.8
Produits manufacturés
479
24.7
Matériaux  construction
208
10.7
Engrais
38
2
Produits alimentaires
204
10.5
Autres marchandises
144
7.4
TOTAL
1.943
100 %

B - Marchandises embarquées
Année 2002
Pourcentage
Produits pétroliers
280
33
Produits agricoles
288
34
dont bananes
284
Produits alimentaires
54
6.4
Dont rhum
12
Engrais
1
0.1
Autres marchandises
225
26.5
TOTAL
848
100 %

Source : Direction Départementale de l’Equipement - ( Trafic Port Fort de France ).


F ] – L’activité Aéroportuaire.
En 2002 et pour la 3éme année consécutive, l’activité de l’aéroport s’est inscrit à la baisse autant pour le nombre de passagers ( - 6,7 % sur un an ) que pour le nombre de mouvements d’avions commerciaux ( - 10 % ).
Les liaisons avec la métropole ( 70 % du trafic ) sont en baisse de 4,6 % sur un an mais le trafic interdépartemental régional assuré par Air Caraïbes chute de 8 %.
La disparition d’Air Liberté début 2003 qui détenait 15 % du trafic passagers de l’aéroport du Lamentin en 2002, limite à deux compagnies régulières les liaisons transatlantiques soit Air France qui en détenait 41 % et Corsair 17 % à la même époque.


G ] – Le Tourisme.
Le secteur touristique qui constitue un des pôles d’activité majeurs derrière le commerce et l’agriculture, occupe 17,8 % des emplois du secteur tertiaire.
La Martinique a reçu environ 736.000 visiteurs en 2002, soit une baisse de 2,6 % de baisse sur un an. La fréquentation des touristes de séjour 494.000 personnes, soit environ 67 % du total, est en recul de 2,3 % sur un an. Leur voyage concerne les loisirs pour 87 % et 5,2 % pour le tourisme d’affaires. La durée moyenne du séjour est de 13,5 jours.
1 - La proportion de visiteurs ayant choisi l’hôtellerie comme mode d’hébergement est de 37,5 % , celle des locations d’appartement ou de villas est de 24,8 % , l’hébergement chez des amis ou parents 24,5% puis les villages vacances et les gîtes ruraux.
Après trois années de forte croissance de la fréquentation [1996 à 1998], les hôteliers ont sensiblement augmenté leur capacité d’accueil entre 1999 et 2000, mais le taux d’occupation moyen de 2002 est en baisse (56,3 %).
2 - La fréquentation des gîtes ruraux a reculé également alors que le nombre de nuitées [ 11 par séjour] reste stable.
3 - La Martinique est une destination privilégiée pour la pratique de la plaisance, car elle présente une variété de sites naturels offrant de multiples possibilités de mouillage. Près de 8.900 bateaux de plaisance amenant environ 48.000 plaisanciers ont fait escale en 2002.
4 - L’île a accueilli 241.000 excursionnistes (personnes demeurant moins de 24 heures dans l’île) en baisse de 3% ce qui concerne davantage les personnes arrivant par avion ou bateau des îles voisines, que les croisiéristes amenés par les 35 navires qui ont fait relâche en 2002 dont le groupe CARNIVAL est le leader mondial du secteur avec 55,4 % des arrivées de passagers.


H ] – Perspectives.
Dans l’environnement caribéen qui reste une destination prisée disposant d’une forte notoriété, la Martinique se doit de relever encore deux défis :
Le premier consiste à mieux adapter et à diversifier l’offre en fonction des attentes d’une clientèle exigeante et versatile ;
Le second vise en l’amélioration de l’image de la Martinique par un effort coordonné et soutenu de promotion sur les marchés émetteurs.
 
 
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