SAINT BARTHELEMY
:
L’île
de Saint Barthélemy située à
230 kms au nord-ouest de la Guadeloupe et à
25 kms au sud de St Martin fut aussi découverte
en 1493 par Christophe Colomb. Longtemps refuge de
corsaires, elle fut occupée par les français
en 1648, fut cédée par Louis XVI au
roi de Suède Gustave III lequel décida
que le port de Gustavia serait port franc pour développer
le commerce, puis fut rétrocédée
par celui-ci à la France en 1877, après
avis de ses habitants.
Son histoire explique le nom de la ville principale
et magnifique port naturel, siège de la mairie
et de la sous-préfecture, ainsi que son statut
de port franc encore en vigueur aujourd’hui.
Sur cette terre vallonnée et aride de 21 kms
carrés, l’absence de rivières
donc d’eau ajoutée à une faible
pluviométrie, ont nécessité la
construction d’usines de dessalement d’eau
de mer 2.400 m3 / jour, pour assurer les besoins en
eau de la population.
Le recensement de la population - mars 1999 - comptabilise
6.772 résidents, et l’Etat Civil l’estime
à 8.792 habitants début 2004.
Evolution économique
:
Sur un tel sol de configuration rocheuse aussi ingrat,
les habitants ont compris que leurs ressources principales
allait provenir du tourisme, et la prospérité
assurée par le sable blanc des 22 plages publiques,
toutes magnifiques, les nombreuses activités
nautiques et les fonds sous-marins protégés
dans une réserve marine.
L’activité est donc essentiellement orientée
vers le tourisme et le commerce, et l’île
bénéficiant de son statut de port franc
est naturellement devenue le paradis du shopping.
Tissu économique
:
2.468 entreprises sont recensées en 2001, (+
7,7 % par rapport à 2000 ).
Le nombre d’entreprises dans les secteurs prépondérants
de la construction et du commerce, qui représentent
à eux deux 45 % du tissu industriel, progressent
moins rapidement au cours de l’année
2001 respectivement ( + 3,5 % et + 2 % ) que l’industrie
et l’hôtellerie qui affichent un essor,
respectivement (+ 9,6 % et + 16,9 % ) pour une part
de 6 % et 8,4 % du tissu industriel.
Le secteur des services aux entreprises est resté
tout aussi dynamique et sa part dans le tissu industriel
dépasse 20 %.
Le chômage a diminué de 6 % en 2001 passant
de 151 demandeurs d’emploi en 2000, à
142. Les bénéficiaires de cette amélioration
sont les femmes même si le chômage les
touche principalement ( 60 % des demandes). La part
des chômeurs de longue durée ( + 1 an
) dans cette population est de 32%. [ DDTE ].
Secteur touristique :
Dans les années 1960 quelques Américains
ont été séduits par son charme,
son isolement et sa quiétude. Depuis, l’économie
touristique est basée sur les produits de luxe,
le calme, la sécurité et la qualité
des infrastructures hôtelières d’autant
qu’étant tournée vers la mer,
l’île accueille de magnifiques yachts
dans son port de Gustavia, où se mêle
luxe, calme et convivialité.
1 - Activité hôtelière.
L’activité économique de St Barthélemy
repose essentiellement sur
le tourisme, favorisé par un parc hôtelier
de 17 hôtels de catégories 3 et 4 et
luxe (60 % du parc hôtelier), et 11 dans les
catégories économiques, soit environ
560 chambres selon les statistiques de décembre
2001.
A ces hôtels s’ajoutent 380 villas de
location gérées par une dizaine de sociétés
spécialisées. Au total le potentiel
est d’environ 1.000 chambres et 2.700 lits.
Le choix des autorités locales de s’orienter
vers un tourisme haut de gamme très sélectif
permet de disposer d’une clientèle touristique
à très fort pouvoir d’achat au
détriment du tourisme de masse
La fréquentation hôtelière a été
de 80.000 touristes hôteliers pour l’année
2000, soit un coefficient de remplissage des hôtels
de 55,3 %.
Plus de 200.000 passages ont été enregistrés
en 2003 sur le sol de l’île dont un pourcentage
important de passagers de bateaux de croisières
pour une journée. La saison touristique est
courte, entre le 15 novembre et Pâques, période
la plus chargée de l’année.
A Noël, une nuit d’hôtel coûte
1.000 € environ, la location d’une maison
3 chambres environ 25.000 € et en semaine un
repas hors boisson est facturé 120 €.
Contrairement à St Martin, le dispositif de
défiscalisation de la loi Pons n’a pas
concerné St Barthélemy. En effet, les
avantages fiscaux destinés à attirer
les investisseurs dans les collectivités d’Outre-mer,
étaient contraires à la volonté
des autorités locales désireuses de
contrôler le développement des infrastructures
touristiques.
Plusieurs enseignes nationales et internationales
de luxe étalent leur nom et logos sur les façades
du port ou des rues de Gustavia, CARTIER, BULGARI
et CHOPARD pour la bijouterie, HERMES, CHANAL et VUITON
pour les accessoires, HEDIARD pour l’alimentaire
etc ...
2 – Activités
portuaires.
Le port de Gustavia est propriété du
département dont la gestion a été
concédée à la commune depuis
1982 et dont une convention de transfert des compétences
signée en février 2002, accroît
l’indépendance de la gestion.
Les ferries qui arrivent au port de Gustavia sont
en provenance essentielle de St Martin, alors que
les paquebots viennent principalement des îles
Vierges américaines, de Miami, de Porto Rico,
de la partie hollandaise de St Martin, et ceux des
croisiéristes mondiaux sont basés dans
les différents ports des Antilles.
La clientèle des yachts s’accroît
fortement au cours de l’année 2001 (+
21,9 %), après une baisse de 24 % en 1999 due
au passage du cyclone Lenny qui a détruit une
partie de la flotte de bateaux.
Cependant les capacités du port de plaisance
demeurent limitées (130 anneaux et 150 places
de mouillage), mais cela n’empêchera pas
l’accueil des rescapés des 30 équipages
de la 7 éme transat à la voile sur monocoques
LORIENT-MADERE-ST BARTH, dont l’arrivée
est prévue en mai 2004.
|
|
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Variations |
| Paquebots |
76.072 |
73.856 |
61.439 |
43.201 |
- 42 % |
| Yachts |
27.820 |
21.046 |
23.914 |
29.152 |
+ 3,9 % |
| Ferries |
56.750 |
49.395 |
47.134 |
50.033 |
+ 1 % |
| TOTAL |
160.642 |
144.297 |
132.487 |
122.386 |
- 15 % |
( Variations 1999 / 2002 des passagers arrivés
au port )
Source : ( Office du Tourisme de St Barthélemy
)
L’évolution négative du nombre
des passagers des paquebots s’explique par une
volonté politique de régulation et de
rééquilibrage du trafic entre bateaux
de croisière et les ferries, car la commune
ne dispose pas de la logistique nécessaire
( taxis, bus, sécurité) pour accueillir
les passagers dans de bonnes conditions, et les installations
actuelles sont mal adaptées et insuffisantes
pour répondre à l’accroissement
du trafic.
Les paquebots ne peuvent accoster au quai passagers
long de 50 m seulement, et doivent jeter l’ancre
dans la rade avec des navettes pour les liaisons.
3 – Activités
aéroportuaires.
L’aéroport de St Jean est propriété
du département et géré par la
commune, et tout comme pour le port, une convention
accroît l’indépendance de sa gestion
par cette collectivité. Depuis 1994, un programme
de modernisation lui a donné des conditions
de transit et d’accueil tout en conservant le
caractère convivial et la dimension humaine
attendus.
Seules les conditions d’approche aérienne
sont toujours autant délicates pour les pilotes
d’avions commerciaux et privés titulaires
d’une qualification spéciale, compte
tenu du relief montagneux et de la spécificité
géographique de son accès à l’atterrissage.
| Années
|
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
|
Total d’Avions |
35.001 |
34.518 |
33.695 |
29.982 |
| Total Passagers |
190.752 |
188.226 |
187.771 |
165.575 |
| Fret + Poste[en
tonnes] |
239 + 88 |
334 + 36 |
392 + 43 |
291 + 24 |
Source : (Aéroport de Saint-Jean)
Les compagnies aériennes Air Caraïbes
et Saint barth Commuteur assurent les liaisons aériennes
avec les îles voisines et notamment avec St
Martin par de petits avions d’une dizaine de
places, dont les passagers sont principalement des
européens ( 53,5 %) et des américains
( 39 %) en 2001, même si leur nombre s’est
réduit en 2001, respectivement de ( 20%) et
de (15%) compte tenu des évènements
du 11Septembre.
4 – L’activité
bancaire.
A la fin de l’exercice 2001, cinq établissements
de crédit disposaient d’agences sur St
Barth :
Banque Française Commerciale Antilles-GUYANE
( BFC-AG)
Banque Nationale de Paris ( BNP)
Caisse Régionale de Crédit Agricole
( CRCA)
BRED
Banque des Antilles Françaises ( BDAF). Groupe
Caisse d’Epargne PACA.
En 2001, le total des dépôts atteint
218,1 millions d’Euros, en hausse de 0,7% par
rapport à l’exercice précédent.
Le total des crédits, 57 millions d’Euros,
diminue très sensiblement de 11,8% dû
à la baisse des comptes débiteurs et
des créances douteuses qui avaient explosées
en 2000, en conséquence certainement des effets
du cyclone Lenny.
En fait, l’analyse des chiffres montre l’accroissement
des encours des prêts personnels, des crédits
d’équipement et à l’habitat.
Les concours bancaires aux entreprises représentent
44% du total des crédits et 56% pour les particuliers.
5 – Fiscalité.
L’île, port franc depuis 1950, bénéficie
d’un régime fiscal particulier dont l’origine
tient à son histoire et à son emplacement
géographique.
Ce régime spécifique est mis en place
en 1878 par un texte adopté par le Conseil
Privé de la Guadeloupe, qui accorde aux îles
de St Martin et St Barthélemy des franchises
commerciales, motivées par les difficultés
dues à l’isolement et par l’ambition
d’en faire des places commerciales dynamiques.
Le règlement CEE du 12 octobre 1992 entré
en vigueur le 1er janvier 1993 a reconnu l’extra
territorialité de l’île, à
la demande des autorités françaises.
Les dispositions fiscales
:
Non perception des droits de douane ( pratique coutumière
).
Exonération du paiement de l’Octroi de
mer, tout en bénéficiant des ressources
provenant de cette recette perçue en guadeloupe.
Exonération de la TVA sur les opérations
commerciales sauf TVA sur les opérations immobilières.
Absence de taxe d’habitation.
Absence de taxe foncière.
Absence de taxe professionnelle.
Par contre les droits d’enregistrement et assimilés
sur les mutations à titre onéreux (
ventes) ou à titre gratuit ( donations et successions)
sont exigibles, comme le droit de licence sur les
débits de boisson et la taxe sur les spectacles.
De même, la collectivité
locale perçoit les taxes indirectes suivantes
:
Le droit de quai équivalent à 4% de
la valeur marchande des importations.
La taxe additionnelle sur les certificats d’immatriculation
des véhicules.
La taxe sur les carburants de 0,09 euro par litre
à compter du 1er juilet 2001 ? recouvrée
par les services des Douanes pour financer l’entretien
du réseau routier.
Dans le cadre de l’évolution
statutaire votée par ses habitants en décembre
2003, l’île va devenir une Collectivité
d’Outre Mer indépendante du département
de la Guadeloupe, et bénéficiera d’une
absence d’assujettissement en matière
fiscale par délégation de l’Etat,
uniquement aux habitants ayant une résidence
permanente et aux entreprises ayant une activité
économique sur l’île.
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