INVESTIR sous
les TROPIQUES :
LOI GIRARDIN
L’ Outre-mer
synonyme de vacances et de dépaysements
affiche toute une panoplie d’attraits naturels à
faire rêver les pauvres continentaux !! en
offrant un parfum d’aventures dans des sites
paradisiaques avec des images de ciel bleu, de
mer turquoise et de plages de sable fin, de cocotiers
et de palmiers, etc … .
Cependant hors des clichés touristiques,
Il faut prendre en compte l’importance des
retards de développement économique
et des niveaux élevés du chômage
dans ces zones outre-mer.
Aussi un dispositif fiscal de faveur pour l’outre-mer
a été mis en place dans le cadre
de lois successives portant le nom de leurs concepteurs,
tous ministres en charge de l’outre-mer à
leur époque.
Cela a commencé
par la loi Pons dans les années
1980, qui a passé ensuite le relais au
dispositif défini par la loi de
finances rectificative Paul au 1er janvier
2001, et depuis fin 2003 les dernières
nouvelles mesures sont définies par la loi
Girardin.
Si l’esprit des textes de lois reste le même,
chaque loi apporte des modifications et des différences
plus ou moins importantes avec la précédente.
Le dispositif Girardin conserve en partie le dispositif
de la loi Paul tout en le simplifiant, en l’assouplissant
ou en l’améliorant sur certains
points, et notamment sur l’augmentation
de l’assiette
du public concerné.
Ce nouveau dispositif inclus dans la loi programme
2003 et non pas dans une loi de finances, n’est
pas susceptible d’être remis en cause
chaque année à l’occasion
de l’examen du budget de l’Etat.
La durée de validité de ce
dispositif de défiscalisation est porté
à quinze ans, soit jusqu’au 31 décembre
2017, et concerne les investissements dont les
travaux ont débutés après
le 23 juillet 2003.
1) Secteurs éligibles
:
Les investissements réalisés
doivent être affectés à l’exercice
d’une activité éligible à
la loi Girardin et ce pendant 5 ans au moins.
Toutes les activités économiques
rattachées à la catégorie
des BIC sont devenues éligibles
aux investissements pour la défiscalisation,
hors celles afférentes
aux secteurs d’activité du commerce,
aux activités financières, aux prestations
de services, navigation de croisière etc ….
Les investissements
nécessaires
à l’exploitation de concessions de
service public local à caractère
industriel et commercial deviennent aussi éligibles.
[ transports publics, production et distribution
d’électricité, services de
l’eau
et de l’assainissement, traitement des
ordures ménagères ]. Les secteurs
sous réglementation
communautaire bénéficient désormais
de l’agrément, [agriculture, pêche
maritime et aquaculture ], ainsi que les investissements
relatifs à des opérations de
rénovation-réhabilitation
hôtelières.
2) Modalités
:
Le seuil général d’agrément
obligatoire est relevé à 1.000.000
€ tandis que le seuil pour les investissements
réalisés par des contribuables non
exploitants est maintenu à 300.000 €
dans un souci de protection de l’investisseur
externe.
La réduction d’impôt sur le
revenu devient imputable sans plafonnement dès
la 1ére année. Pour les particuliers
non exploitants un mécanisme de report
est identique à celui qui ne concerne
actuellement que les investisseurs exploitants
sur 5 ans.
3) Secteurs favorisés
:
Cinq secteurs sont
plus particulièrement soutenus :
A -
L’hôtellerie
B -
Le financement
des entreprises
C -
Le logement
D - Les
énergies renouvelables
E - Les
investissements productifs de l’entreprise
A
- L’hôtellerie.
La rénovation hôtelière dans
les DOM redevient très attractive pour
les investisseurs, car elle bénéficie
du rétablissement de la « détunnélisation
», soit la possibilité d’imputer
sur le revenu global de l’investisseur,
les déficits provenant de l’exploitation,
jusqu’au 31 décembre 2008.
Compte tenu du caractère sinistré
du secteur hôtelier dans les DOM, le taux
de défiscalisation est porté à
70% pour les travaux de rénovation ou
de réhabilitation, sauf pour la part
de l’investissement
relative au rachat du terrain et de l’immeuble
existants.
B
- Le financement des entreprises.
Afin de favoriser le drainage de l’épargne
des particuliers au bénéfice des
entreprises de l’outre-mer, une réduction
d’impôt
de 50% est accordée au titre des souscriptions
au capital de sociétés spécialisées
dans le financement d’entreprises exerçant
exclusivement leur activité en outre-mer,
dans les secteurs éligibles sous
condition du maintien desdites souscriptions
pendant une durée minimum de 5 ans.
C
- Le Logement.
Les montants de défiscalisation sont différents
en fonction de l’usage qui sera fait du
logement par son acquéreur personne
physique:
1 ] –
l’acquéreur loue son bien avec plafonnement
de loyer.
2 ] –
l’acquéreur loue son bien sans plafonnement
de loyer.
3 ] – l’acquéreur
occupe son bien
ou lorsque
4
] – l’acquéreur
est une entreprise.
1 ] – l’acquéreur
loue son logement avec plafonnement de loyer.
Cette location dite « intermédiaire
» concerne les logements destinés à
la location sous conditions de loyer et de ressources
des locataires.
C’est de loin le choix le plus intéressant
en matière d’investissement locatif
dans la mesure ou le taux de défiscalisation
est porté à 50% du prix de l’acquisition,
limité à 1.750 € ht du
m2 de surface habitable. La durée
de conservation par le contribuable de son
logement est fixée
à 5 ans, et la durée de location
minimum est aussi de 5 ans.
La location doit intervenir dans les 6 mois de
l’achèvement
des travaux ou de l’acquisition du logement
si elle est postérieure. Le logement
ne peut
être loué à un conjoint ou à
un membre du foyer fiscal.
La location est soumise à un plafond de
revenus du locataire soit 22.330 € pour
une personne seule, 44.660 € pour un couple,
plus 2.584
€ par personne à charge et 3.452 €
par enfant à partir du 3 éme.
Le plafond de loyer est limité à 126
€ par m2 de surface habitable + 14 m2 maximum
de terrasse couverte à 126 € par m2.
2 ] – l’acquéreur
loue son bien sans plafonnement de loyer.
Ici aussi, la loi Girardin est nettement
plus intéressante que sa devancière,
puisque le taux de défiscalisation pour
ces logements « libres » non soumis à
conditions de ressources et à plafonnement
de loyer est porté à 50% du montant
de l’acquisition limité à 1.750
€ ht du m2.
3 ] – l’acquéreur
occupe son bien en résidence principale.
Pour l’investisseur dans un logement qu’il
destine à sa propre habitation principale,
le taux de défiscalisation est maintenu à
25% du prix de l’acquisition avec les mêmes
conditions de limitation que précédemment,
mais l’avantage fiscal est étalé
sur une période de 10 ans pour permettre
à davantage de contribuables de bénéficier
pleinement de la mesure, soit une réduction
annuelle de 2,5% pendant 10 ans.
Le plafond du prix au m2 est limité à
1.750 € ht, indexé sur le coût
de la construction comme d’ailleurs pour
l’ensemble
des investissements liés au logement.
Récapitulatif
comparatif des investissements en logement.
| Usage
du logement |
Taux
de
défiscalisation |
Plafonnement
prix au m2 |
Durée |
Début
des travaux |
|
Loc. plafonnée |
50 % |
1.750 € ht |
5 ans |
23.07.2003 |
|
Location libre |
40 % |
idem |
5 ans |
idem |
|
Occupation |
25 % |
idem |
10 ans |
idem |
4 ] – l’acquéreur
est une entreprise.
Moins connue, cette disposition concerne les entreprises
soumises à l’impôt sur les sociétés.
Elles peuvent déduire de leurs résultats
imposables une somme égale au montant des acquisitions
ou constructions de logements neufs à usage
locatif, soit 100% de déduction, sous
2 conditions :
l’entreprise s’engage à louer le
bien nu dans les 6 mois de son achèvement ou
de son acquisition si elle est postérieure,
et pendant 6 ans au moins, en résidence principale
des locataires.
le logement doit être loué selon les
conditions des plafonds de ressources énumérés
dans la location intermédiaire, [ voir 1 ].
Ce dispositif permet aux entreprises de se constituer
un patrimoine immobilier.
Autres mesures.
Pour lutter contre les dégradations rapides
que connaissent les bâtiments de plus de 40
ans d’âge, et pour préserver le
patrimoine bâti ancien ( cases créoles
), une déduction de 25% est accordée
pour les travaux de réhabilitation sur ces
logements.
Une réduction supplémentaire de 10%
est accordée pour les logements situés
en zone urbaine sensible dans une volonté de
mixité et de revalorisation des quartiers dans
les DOM.
Une majoration de 4% de la réduction fiscale
est accordée lorsque les logements destinés
à location dans les secteurs libres ou intermédiaires
sont équipés de dispositifs d’énergie
solaire, afin de favoriser le recours à ce
type d’énergie.
Les secteurs locatifs du social et du privé,
bénéficient en outre d’une TVA
à taux réduit de 2,1% pour les travaux
de construction et de réhabilitation.
D - Les
énergies renouvelables.
Une augmentation des
taux de réduction
d’impôt vise à encourager ce secteur.
Les taux de défiscalisation de 50%, sont majorés
de 10% dans la plupart des cas lorsque les investissements
concernent des projets de production d’énergies
renouvelables, sauf en Guyane, à Mayotte, à St
Pierre et Miquelon et à Willis et Futuna,
où le taux est porté à 70%.
E - Les investissements
productifs de l’entreprise.
Le bénéfice
d’une
réduction
d’impôts est réservé aux
investissements en biens neufs réalisés
par le contribuable dont le domicile fiscal est établi
en France, dans le cadre d’une entreprise
exerçant une activité agricole ou
une activité industrielle, commerciale ou
artisanale relevant par nature des BIC.
(CGI art.
34 ).
Le taux de la réduction
d’impôt
calculé sur le montant hors taxes des investissements
productifs, montant diminué de la fraction
de leur prix de revient financé à l’aide
de subventions publiques, est fixé à 50
% ou 60 % selon la localisation et la nature de
l’investissement.]
Conclusion.
La défiscalisation, particulièrement
en loi Girardin est sans doute l’un des
dispositifs les plus intéressants et concerne
notamment les contribuables, investisseurs dans
tous les types de logement, qui se situent dans
des tranches d’imposition
fiscale au dessus de 30%.
Le dispositif des autres types de défiscalisation,
est à conseiller aux investisseurs surfiscalisés
situés dans les tranches maximales d’imposition.
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