SAINT MARTIN

Cette île située à 260 kms au
nord-ouest de la Guadeloupe dont juridiquement elle
était une commune et un canton jusqu’au
référendum de décembre 2003,
fut encore découverte par Christophe Colomb
et se caractérise malgré sa taille réduite
de 90 kms2 par une diversité de reliefs, collines
et plages de sable.
Occupée successivement par les Français
et les Hollandais lesquels la partagèrent politiquement
par traité en 1648 en deux territoires sans
frontière réelle, exemple parfait de
coexistence politique dont seul le monument commémoratif
du traité les sépare.
la partie hollandaise au sud, 34 km2, chef-lieu Philipsburg,
celle française au nord, 56 km2, rattachée
en 1947 au département de la Guadeloupe, sous-préfecture Marigot.
Le recensement 1999 de la population côté
français comptabilise environ 30.000 habitants.
(chiffres INSEE ).
Evolution Economique (
partie française ).
L’île est célèbre
pour son climat et son shopping , ses plages de sable
et la limpidité de ses eaux, en conséquence
la majeure partie des activités est reliée
au tourisme de haut niveau du fait de sa relative
proximité avec de grandes villes américaines
et du passage des croisiéristes.
Fondée autrefois sur l’exploitation des
marais salants et la culture du tabac, puis sur celle
du coton et de la canne à sucre, l’économie
est donc aujourd’hui totalement tournée
vers le tourisme. L’agriculture et l’élevage,
la pêche et l’artisanat traditionnel constituent
des activités marginales et ont un impact négligeable
sur l’économie. L’industrie proprement
dite est également limitée.
Tissu économique
:
Le nombre de demandeurs d’emploi s’établissait
à 1.674 personnes à fin 2001 soit une
hausse de 20 % en un an, alors qu’en Guadeloupe
continentale le chômage recule de 5,2 %. Cette
hausse du chômage touche majoritairement les
femmes + 20 % soit 54,5 % de l’ensemble des
demandeurs d’emploi.
Le nombre d’entreprises a augmenté de
21 % entre 2000 et 2001 et la création d’entreprises
a augmenté de 8,5 % entre 1999 et 2000.( INSEE).
En 2001, 75 % des entreprises locales n’emploient
aucun salarié ; 19 % emploient de 1 à
5 salariés et 6 % de 6 salariés et plus,
soit au total environ 6.500 personnes salariées.
Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration
est le plus important 25 % de l’économie
puis le services aux entreprises 23,4 % et le commerce
bien qu’il soit un secteur prépondérant
18,4 %.
La mise en application de la loi d’orientation
de 2001 pour l’Outre-mer, avec le nouveau dispositif
de soutien fiscal à l’investissement
qu’elle met en place [ exonération de
cotisations patronales de sécurité sociale,
moratoires et plans d’apurement des dettes sociale
et fiscales, aide aux investissements créateurs
d’emploi, etc ], devrait permettre un redémarrage
de l’investissement.
Secteur touristique :
La position géographique privilégiée
de l’île à quelques heures des
villes mégapoles américaines de Miami
et de New York, la clientèle est donc surtout
nord américaine, alors que depuis 1998 les
visiteurs sud américains et européens
sont beaucoup moins nombreux.
1 – Activité
hôtelière.
La partie française dispose d’un parc
hôtelier récent de grande capacité
et de bonne qualité, dont la construction a
été stimulée par les possibilités
de défiscalisation. 5.000 chambres sont comptabilisées
entre les hôtels, les villas et résidences
de tourisme.
Le nombre de chambres d’hôtel a été
multiplié par 5,5 en 15 ans ( 500 avant 1986
à 2.763 en 2001 ) pour 45 hôtels dont
11 classés en 4 étoiles et luxe, 17
en 3 étoiles et autant en classement 1 et 2
étoiles et non classés. ( Observatoire
du Tourisme ). Cependant ces chiffres doivent être
relativisés en comparaison des années
2001 et 1997, où l’évolution est
négative soit 45 hôtels contre 51 en
1997, pour 2.763 chambres contre 3.033 en 1997.
Au cours de ces années le parc hôtelier
a subi de profondes mutations liées aux effets
dévastateurs des multiples cyclones qui ont
touché l’île, mais aussi en liaison
à la sortie de la défiscalisation. Depuis
1995, 14 hôtels ont fermé ou ont été
restructurés et 1.172 chambres ont été
perdues.
Le gros défi auquel sera confrontée
l’hôtellerie locale sera la fin de la
défiscalisation. 90 % des chambres d’hôtel
ont bénéficié des avantages fiscaux
octroyés par la Loi Pons. La Loi Paul de 2001
s’étend désormais aux investissements
de maintenance et de rénovation hôtelière.
2 – Activité
bancaire.
Trois monnaies ont cours
dans l’île :
l’Euro monnaie officielle.
le Dollar américain pour une proportion importante
dans les transactions tant scripturales que fiduciaires.
le Florin des Antilles Néerlandaises –
NAF – en parité avec le Dollar américain
depuis 1971 (1 USD = 1,79 NAF), qui ne sera pas remplacé
par l’Euro puisque la partie hollandaise ne
fait pas partie de l’Union Européenne.
Quatre établissements
bancaires possèdent une agence en zone française.
BDAF – Banque des Antilles Française.
BFC-AG – Banque Française Commerciale
Antilles-Guyane.
Banque Inchauspé et Cie.
Caisse de Crédit Mutuel de Saint-Martin.
Le total des comptes de dépôts s’élève
en 2001 à 194 millions d’€ dont
18 % sont des dépôts de non-résidents,
et le total des concours bancaires accordés
à 122,5 millions d’euros dont 9 % sont
accordés à des non- résidents.
L’excédent de 71,5 millions d’euros
est en hausse de 20 % sur un an. Dans les banques
françaises 24 % des dépôts sont
libellés en devises ainsi que 10,5 % des crédits.
En partie hollandaise, le secteur est un peu plus
étoffé et compte 6 établissements
avec des statuts offshore ou territorial, placés
sous l’autorité d’une filiale de
la Banque Centrale des Pays-Bas.
Les encours des dépôts et des crédits
dans ces établissements bancaires étaient
4 fois plus important que ceux de la partie française,
sachant que la part des non-résidents est de
46 % pour les dépôts et environ 13 %
concernant les crédits.
3 – Activités
de plaisance et de croisière.
L’île constitue une escale appréciée
de ces plaisanciers car elle est anglophone, les conditions
d’accueil leur sont favorables aussi de par
sa zone franche, le commerce en monnaie dollar, la
dizaine de casinos sis tous en zone hollandaise, la
restauration française.
Elle est l’une des destinations de croisière
les plus prisées au monde avec plus de 870.000
passagers par an pour environ 600 paquebots. ( Office
du Tourisme 2001 ). Le majestueux Queen Mary II y
fera des escales régulières comme avant
lui le regretté France.
La partie française est plus tournée
vers la croisière d’escale de haut de
gamme pour des navires de plus petite taille, les
points de mouillage dans les marinas étant
facile d’accès et nombreux, [ 900 places,
Source O.T 2001 ], et pouvant accueillir des yachts
de dimensions de 8 mètres à plus de
25 mètres.
4 – Trafic aéroportuaire.
L’île compte
deux aéroports :
Grand’Case situé en
partie française est fréquenté
par quelques compagnies régulières régionales
dont Air Caraïbes ( 86 % du trafic passagers
en 2001), liaisons de et vers la Guadeloupe notamment
et St-Barth Commuter qui effectue les liaisons de
et vers St Barthélemy ( 14 % du trafic passagers).
Le nombre de passagers enregistrés s’accroît
de 24 % par rapport à 2000, cette hausse étant
la conséquence de l’augmentation par
les compagnies du nombre de vols et de sièges.
Les pics de fréquentation sont plus importants
aux mois de juillet et août.
L’amélioration en cours de la structure
et les capacités du site laissent envisager
à terme une extension de la piste actuelle
permettant des vols directs longs courriers transocéaniques.
|
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
Variations |
| Avions |
11.330 |
9.412 |
7.739 |
5.763 |
5.948 |
- 48 % |
| Passagers |
95.760 |
108.476 |
126.267 |
109.071 |
135.475 |
+ 41 % |
| Fret +
Poste
en tonnes |
358 |
352 |
224 |
228 |
194 |
- 45 % |
Evolution du trafic de l’aéroport de
Grand’Case ( Arrivées et Départs
).
Source : Aéroport de Grand’Case
( Variations 2001 / 1997).
Juliana situé en zone hollandaise,
assure surtout les liaisons internationales en recevant
les avions gros porteurs, mais dont la piste trop
courte ne permet pas des liaisons à pleine
charge vers l’Europe. Son extension ne peut-être
envisagée compte tenu des reliefs environnants.
Il est desservi par une vingtaine de transporteurs,
dont les principaux sont American Airlines, Continental
Airlines, Air France, Corsair, et sa fréquentation
varie en fonction des saisons, 50 % de l’affluence
touristique étant réalisée sur
5 mois de décembre à avril.
En 2001 les ressortissants des USA constituent donc
la majorité des passagers (200.000 / 48 % du
total) soit une fréquentation sensiblement
équivalente depuis 1998, mais sans atteindre
le niveau des années 1990. La clientèle
française (70.000 / 17 % du total) constituent
l’autre partie conséquente mais enregistre
une baisse importante moins 22 % par rapport à
2000 laquelle avait enregistré une fréquentation
de 90.000 passagers, soit 21 % du total.
L’évolution du trafic montre une perte
de 25 % des passagers entre les années1998
et 2001, et les statistiques du dernier trimestre
2001 (moins 23 %) met en évidence la forte
crise du transport aérien observée depuis
septembre 2001.
5 – L’activité
portuaire.
Le port de commerce de St Martin propriété
du département est gérée depuis
1983 par une régie municipale ( Semsamar ).
Initialement situé en front de mer du centre
ville, il a basculé ses activités en
1995 sur un site dont la surface des terre-pleins
atteindra 45.000 m2. D’autres travaux sont prévus,
augmentation du tirant d’eau, construction de
nouveaux quais en eau profonde et de bureaux, etc.
23 millions d’euros auront été
investis pour l’ensemble des travaux réalisés
au nouveau port de Galisbay-Bienvenue, dont l’ambition
des autorités de l’île est d’en
faire une plaque tournante de transbordement vers
la Caraïbe.
Entre 2000 et 1996 les entrées de tonnage ont
doublées ( 230.000 tonnes contre 116.000 tonnes,
et les sorties ont été multipliées
par 12 ( 61.000 tonnes contre 5.000 tonnes ). ( Source
Régie Municipale du Port ).
En 2001 l’évolution s’est poursuivie
avant de fléchir très sensiblement en
2002 ( moins 30 % en entrées et moins 45 %
en sorties tonnes marchandises ).
6 – Fiscalité.
St Martin commune de la Guadeloupe et port franc depuis
1950,bénéficie d’un régime
fiscal particulier dont l’origine tient à
son histoire et à ses pratiques coutumières
de portée géographique et économique
limitées.
Le nouveau code des douanes européen entré
en vigueur le 1er janvier 1993 a reconnu l’extra
territorialité de ces îles du Nord. La
non perception de droits de douane est une pratique
coutumière et un principe bien établi
en droit.
Ainsi la loi exonère l’île du paiement
de l’Octroi de Mer, et en revanche elle bénéficie
des ressources provenant de cette recette perçue
dans le reste de la Guadeloupe.
L’Octroi de Mer est une taxe sur les marchandises
produites ou introduites dans les DOM, de toute provenance
y compris de métropole et des autres DOM, afin
de favoriser le marché local de production
par rapport aux importations.
Concernant la TVA, dont les taux sont de 2,10 % pour
le taux réduit et de 8,50 % pour le taux normal
dans les DOM, aucune trace de dispositions internationales,
sinon des décisions administratives des années
1948 et 1957 confirmées depuis par l’Administration
Fiscale qui considèrent ces îles comme
des territoires d’exportation par rapport à
la Guadeloupe; en conséquence les taux de TVA
en vigueur en France métropolitaine n’y
sont pas applicables sauf pour les opérations
immobilières du fait d’une loi postérieure
au décret précité.
Les autres droits indirects applicables sur la territorialité
nationale ne sont pas perçus non plus, à
l’exception du droit de licence sur les débits
de boisson et de la taxe sur les spectacles, des droits
d’enregistrement et assimilés sur les
mutations à titre onéreux ( ventes )
ou à titre gratuit ( donations ou successions
).
Par contre, la commune
de St Martin perçoit des taxes indirectes :
la taxe de séjour équivalente à
5 % du prix des nuitées hôtelières.
la taxe annuelle sur les locations de véhicules
fixée à 5 % du prix de la location.
la taxe additionnelle sur les cartes grises des véhicules
immatriculés.
une taxe sur les carburants de 0,06 euro par litre
depuis février 2002, dont la finalité
est l’entretien du réseau routier en
substitution de la subvention versée jusqu’à
présent par la Région.
Alors les îles du Nord, des paradis fiscaux
?? comme les Bahamas ou les îles Caïman
!!!, ou alors une zone de basse pression fiscale encourageant
cette lointaine partie de France à s’adapter
à un environnement économique particulier
et à devenir une place commerciale dynamique
!.
Dans la cadre de l’évolution
statutaire votée par ses habitants en décembre
2003, l’île va devenir une collectivité
d’Outre-Mer indépendante du département
de la Guadeloupe, et bénéficiera d’une
absence d’assujettissement en matière
fiscale par délégation de l’Etat,
uniquement aux habitants ayant une résidence
permanente et aux entreprises ayant une activité
économique sur l’île.
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