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Emplois marchands des 4 DOM
Comparatif des structures de l’Emploi Salarié Marchand dans les 4 DOM et en Métropole.

Total des salariés - hors Secteur Public et Agriculture – au 01.01.1999

La structure des emplois marchands est relativement similaire dans les quatre DOM et marquée par une place prépondérante du secteur tertiaire au détriment de l’industrie, ceci beaucoup plus sensiblement qu’en métropole.

Salariés des secteurs
Guadeloupe %

Guyane %

Martinique %

Réunion %

Métropole %

Agroalimentaire

4,1

2,1

5,1

5,9

3,8

Biens de Consommat.

2,1

1,3

2,2

1,9

5,1

Automobile

0,0

0,1

0,0

0,1

2,0

Biens Equipement

1,6

2,6

1,7

2,2

5,7

Biens Intermédiaires

2,7

7,6

3,1

3,9

10,3

TOTAL

10,5

13,7

12,1

13,9

26,8

Energie

2,1

3,3

2,7

1,7

1,7

Construction

10,6

13,2

9,2

12,8

8,1

Commerce

26

19

24,9

28,1

18,9

Transport

6,8

6,5

6,9

6,4

7,1

Act. Financières

4,2

2,7

4,8

4,2

4,7

Act. Immobilières

1,2

1,5

1,2

2,1

2,3

Autres Services

38,6

40,1

38,1

30,8

30,4

TOTAL

76,8

69,8

75,9

71,6

63,4


Si les activités tertiaires concentrent la plupart des emplois dans toutes les régions métropolitaines, c’est encore plus vrai dans ces régions Outre-mer, dont la Guyane qui se distingue avec une place importante accordée aux services aux entreprises, 40,1 % des emplois,( Tableau vert ).
Idem pour la construction et l’énergie, les DOM étant supérieures à la moyenne nationale, sans tenir compte de l’importance de leur emploi non-salarié,( Tableaux ).
A l’opposé, l’industrie manufacturière - hors secteur alimentaire - est beaucoup moins présente dans les régions ultramarines ; elle emploie 6% des salariés en Guadeloupe, 12% en Guyane, 7 % en Martinique et 8 % à La réunion,( Tableau jaune ).


Les 4 régions se caractérisent par une industrie agroalimentaire relativement développée.

Ce secteur emploie entre 4 et 5 % des salariés antillais, 2 % des guyanais et 6 % des réunionnais.
Cette industrie est spécialisée dans la valorisation de la canne avec les boissons et le sucre. Héritage du passé, la production de sucre et de rhum agricole est un caractère propre à la structure des emplois, même si le niveau d’emploi n’est pas très important dans cette branche, représentant 15 % du secteur en Guadeloupe ainsi qu’à la Réunion, mais 25 % en Martinique.

Pour certains secteurs de l’agroalimentaire comme l’industrie laitière par exemple, il existe une demande intérieure forte qui est satisfaite par des entreprises locales, ce qui est le cas et d’ailleurs une caractéristique forte à La Réunion, mais qui l’est beaucoup moins aux Antilles et en Guyane.

Les importations de biens d’équipement sont la seule alternative pour les entreprises.
Pour des raisons évidentes de rentabilité, le marché Outre-mer des biens d’équipement ne peut être satisfait par une production locale. La petite taille du marché ne justifie pas l’implantation d’unités de production et exception faite de la fabrication d’éléments en métal pour la construction, telles que la menuiserie aluminium et les charpentes, les DOM comptent peu de salariés dans la construction de machines outils, d’équipements agricoles et mécaniques.

Disparités entre les 4 régions concernant les biens intermédiaires.
Les biens intermédiaires sont également rarement produits en Outre-mer et ne génèrent que peu d’emplois, à l’exception des entreprises d’extraction et d’exploitation du sable lesquelles au contraire y sont bien représentées.
La Guyane se distingue des 3 autres par l’importance de l’activité extraction d’or. La Martinique qui importe de grandes quantités de pétrole brut de la mer du Nord et du Venezuela est la seule région d’Outre-mer qui le raffine, et réexporte une partie de ce produit à forte valeur ajoutée. La part de cette activité est importante dans la structure productive du département.

La Réunion fait du conditionnement de tabac importé, après avoir produit du tabac dans le passé. Cette activité est principalement tournée vers son marché intérieur, mais son exploitation représente peu d’emplois, comparée à d’autres régions métropolitaines.
A l’heure des projets sur l’énergie renouvelable, la Guadeloupe et La réunion se distinguent par leur choix d’une plus grande diversification de la production d’énergie éolienne, géothermique et solaire.

La part consacrée au tertiaire dans ces économies est proche de celle de l’Ile-de-France.

Cependant ce ne sont pas les mêmes activités qui dominent ; les emplois sont nombreux dans la technologie en Ile-de-France, alors qu’il s’agit davantage de services aux particuliers dans les DOM. En effet, le commerce et l’hôtellerie - restauration, ainsi que le transport maritime et aérien y ont toute leur place.

Les structures d’accueil des touristes ainsi que l’offre de loisirs sont très diversement implantées dans les DOM.
La branche hôtellerie-restauration emploie 11 % des salariés guadeloupéens, 9 % des martiniquais, et seulement 4 % des réunionnais soit guère plus que le niveau de la métropole.

Ce dernier DOM arrive en 12 ème position des régions françaises, loin derrière les 3 autres DOM avec la Corse et la région Provence Côte d’Azur qui caracolent en tête, mais ce secteur pourrait manifestement être plus développé

Parallèlement à une consommation des ménages soutenue dans les économies d’Outre-mer, la consommation due à la fréquentation touristique soutient les activités du commerce et notamment le commerce de détail. Les grandes surfaces et magasins alimentaires sont bien implantés, car ils représentent 14 % des emplois en moyenne dans les DOM. Ainsi ils emploient 15 % des salariés de Guadeloupe, 14 % en Martinique, 10 % en Guyane et 15 % à La Réunion.

Le secteur du transport est d’importance dans la structure marchande.
C’est vrai pour chacune de ces régions d’Outre-mer, du fait des échanges avec l’extérieur et notamment avec l’hexagone qui engendre un important trafic. Parallèlement aux activités de fret, le stockage et la manutention, la gestion de la logistique et des activités touristiques sont fournisseurs d’emplois.

Pour les Antilles, l’essentiel des échanges se fait avec l’Europe mais aussi vers les pays de la Caraïbe.
En Guyane, les transports fluviaux notamment sur le fleuve Maroni en direction du Surinam, s’ajoutent aux transports maritimes. A KOUROU, l’activité liée au transport spatial donne un poids très important à l’emploi dans l’ensemble de la structure productive.

Pour La Réunion, du fait de sa localisation, les échanges maritimes se font majoritairement avec la zone de l’océan indien, même si le trafic aérien est particulièrement polarisé sur la métropole, laquelle concentre un tiers du trafic et le reste de l’Europe, un dixième.

Si l’insularité joue positivement dans le transport aérien qui génère plus d’emplois, à contrario elle joue négativement dans le transport routier marchandises, lequel ne justifie pas la création de grandes unités, les distances à parcourir étant modestes.

Le champ de ces indicateurs porte sur la totalité des emplois salariés des secteurs marchands non agricoles, soit pour l’ensemble des 4 DOM, près de 165.083 salariés répartis dans 24.960 établissements. Ces salariés représentent 54,9 % de l’emploi de ces régions, le reste étant constitué par les non-salariés et les actifs employés dans l’agriculture, l’éducation, la santé et l’Administration, ainsi que les employés des entreprises de travail temporaire.

Les chiffres qui permettent d’illustrer les faits saillants de cette structure productive sont issus des estimations d’emploi de l’INSEE 2001 et des chiffres réels au 01.01.1999.

L’objectif de cette étude publiée par l’INSEE au 1er trimestre 2004, dans son numéro 119 de INSEE Economie de la Réunion, est de permettre d’apprécier les caractéristiques productives locales et de donner des éléments d’analyse aux acteurs du débat local.
 
 
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