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POLYNESIE FRANCAISE :

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La Polynésie française située à 17.100 km de Paris, au cœur du Pacifique sud entre les continents américains et australiens, est constituée d’îles émergées sur une surface équivalente à celle de l’Europe de l’ouest.
Ces 118 îles de taille réduites, d’origines volcaniques et coralliennes sont réparties sur les cinq archipels qui la composent : - les Marquises - les Tuamotu - les Gambiers - les Australes- , et le plus important celui de la Société composé :

L’Institutionnel

Sous protectorat français depuis 1842, la Polynésie française est devenue territoire d'outre-mer en 1946. Dans le cadre de la décentralisation elle a bénéficié en 1984 d'un premier statut d'autonomie interne, révisé et renforcé par la loi organique du 2 mars 2004 faisant de la Polynésie un pays d´outre-mer.
Il lui est accordée la possibilité de négocier des accords internationaux avec des États ou des Organismes internationaux.

L'Assemblée Territoriale, vote des délibérations dans toutes les matières qui sont de la compétence du pays. Elles sont publiées au JO de la Collectivité et au JO de la République française, et appliqués par le gouvernement local sous l’autorité du Président du gouvernement de la Polynésie française devenu Président de la Polynésie française depuis 2004.
L´Assemblée est chargée d´élire le Président de la Polynésie française. Elle est composée de 57 élus, élus pour cinq ans à la proportionnelle, et représentants les six circonscriptions des cinq archipels. Elle contrôle l’exécutif et peut renverser le Gouvernement en adoptant une motion de censure et être dissoute après demande du Président de la Polynésie française.

Le Haut conseil de la Polynésie française créé par la loi organique du 27 février 2004 exerce sa compétence au sein des institutions en étant le conseiller juridique du Président de la Polynésie et du Gouvernement. Il est saisi par le Président pour préparer et rédiger des textes (loi du pays, délibérations ou actes réglementaires), ou bien pour l’éclairer sur toute difficulté s’élevant en matière administrative, ou encore formuler un avis juridique sur les projets avant leur adoption par le conseil des ministres ou leur inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée.

Le Conseil Economique et Social - CESC est un organisme consultatif. Il est consulté par le Gouvernement ou l'Assemblée sur des projets et propositions d'actes dénommés "lois du pays" à caractère économique, social ou culturel. Il est saisi pour les projets par le Président de la Polynésie, et pour les propositions par le Président de l'Assemblée ou par le Gouvernement de la Polynésie française.

Le Haut commissariat de la République représentant l’Etat français est dépositaire de son Autorité. Il est garant des intérêts nationaux et des engagements internationaux, du respect des lois, de l’ordre public et du contrôle administratif.
La Polynésie est représentée au Parlement français par deux députés et un sénateur.

Population

Au 1er janvier 2005, la population du Pays est de 274.578 habitants, contre 245.516 habitants comptabilisés au dernier recensement de novembre 2002. Elle est composée de Polynésiens (83 %), d'Européens (12 %) et d'Asiatiques (5 %) et 43,1 % ont moins de 20 ans.
C’est l’accroissement naturel ( la différence entre les naissances et les décès enregistrés) qui participe pour l’essentiel à l’augmentation de la population.
L’archipel de la Société qui comporte les îles du vent et sous le vent, compte 87 % de l’ensemble de la population polynésienne.
Entre les recensements de 1996 et 2002, la plus forte expansion s’observe à ( Moorea 21,6% et Bora Bora 26,5%) liée pour cette dernière à l’afflux des jeunes polynésiens attirés par les opportunités d’emploi dans le secteur touristique et hôtelier.

Emploi

L’emploi salarié est resté assez stable entre 2003 et 2004, avec 63.236 emplois déclarés en 2004 à la CPS ( Sécurité Sociale locale ), contre 63.153 en 2003 et 61.885 en 2002.
Le service de l’Emploi, de la Formation et de l’Insertion professionnelle (SEFI ) a enregistré 5.181 offres d’emploi contre 6.363 l’année précédente. Les demandes d’emploi non satisfaites sont en recul de 2.9 % soit de 4.236 demandes contre 4.113 en 2003.
Quant au taux de chômage (référence 2002), il est estimé à 11.7 % de la population en âge de travailler.
Concernant la répartition des emplois, le secteur de l’Agriculture et de la Pêche représente 4 % de la population active soit 2.533 emplois, celui de l’Energie et de l’industrie représente 8.2 % soit 5.116 emplois, et celui des BTP dont plus de 90 % des entreprises sont artisanales est toujours un bon pourvoyeur d’emplois, avec 8.80 % de la population active soit 5. 519 emplois.
Le Commerce représente 15.4 % des emplois soit 9.645 emplois, le secteur des autres services Marchands représente 31.2 % soit 19.521 emplois.La prédominance des petits commerces est pourvoyeuse d’emplois, les effectifs étant en nette progression depuis 5 années, (+ 1.441 employés entre 1999 et 2004).
Concernant le secteur le plus important, comme dans tous les territoires d’Outremer, celui des services non Marchands c’est à dire les services de l’Administration, il représente 32.4 % de la population active avec 20.305 emplois.

Salaires

Le salaire moyen global a fortement progressé depuis une dizaine d’années. Il est en 2004 de 219.029 Frs CFP soit 1.835 €, avec beaucoup de disparités selon les secteurs d’activité.
Le relèvement du SMIG, en décembre 2004, apparaît comme une grande avancée sociale du changement politique. Il a progressé de 20 % en un an, à 125.000 Frs FCP soit 1.047 €. L’augmentation au 1er janvier 2006 de 6.000 Frs FCP l’a haussé à 131.000 Frs FCP soit 1.097,80 €, c’est à dire inférieur de 17% au SMIC métropolitain.
Pour ne pas faire supporter cette augmentation aux employeurs et pour éviter des licenciements éventuels, le Gouvernement du Territoire prend en charge les ¾ du surcoût de la masse salariale induite par cette forte augmentation, au travers du DARSE ( Dispositif d’Aide à la Revalorisation du SMIG et de l’Emploi ).
Le secteur tertiaire, principal créateur d’emplois, est aussi celui où la marge de progression des salaires est parmi les plus dynamiques, en particulier pour ce qui concerne le commerce et les administrations publiques, le secteur des transports et communications, qui sont aussi les plus actifs dans la création d’emplois.

Entreprises

Les caractéristiques dominantes sont :
la prépondérance du secteur tertiaire,
une majorité de petites entreprises,
une forte concentration sur les Iles du Vent.

Le statut juridique le plus usité est celui des personnes physiques, entrepreneurs individuels (82% des entreprises). C’est en effet le plus approprié à une activité économique encore traditionnelle : travail familial - juxtaposition de la production à des fins domestiques et marchandes - minimisation des procédures de gestion administratives et comptables.
Le nombre d’entreprises actives, secteur privé, public et associatif évolue de 21.414 unités en décembre 1995 à 43.724 en 12.2004, soit un doublement en 9 ans.
Au 31 décembre 2004, les entreprises du secteur privé polynésien marchand (ayant une activité à but lucratif dans le secteur de l’industrie, de la construction, du commerce et des services) sont au nombre de 18.259, soit 41,8% du total des entreprises ; 96% des entreprises sont de très petite taille (moins de 10 salariés), et 87% d’entre elles se composent d’une à deux personnes.

Géographiquement :

  • 79% des entreprises sont concentrées dans les Iles du Vent,
  • 12% aux Iles Sous Le Vent,
  • 5% dans l’archipel des Tuamotu-Gambier,
  • 1% aux Australes et 3% aux Marquises, lesquelles se démarquent par une
    activité plus portée sur l’industrie manufacturière, résultat dû au développement de nombreuses unités artisanales dans le domaine de la transformation des produits agricoles et alimentaires.

Economie

Le développement industriel se heurte à des handicaps structurels qui résultent d’un marché intérieur étroit de 220 000 consommateurs, de l’éloignement géographique par rapport aux principaux partenaires économiques, de l’absence de ressources primaires et du coût de la main d’œuvre.
Les dépenses de l’Etat français en Polynésie se sont établies en 2004 à
142 milliards contre 136 milliards l’année précédente. Cela résulte des engagements pris par le gouvernement central qui a compensé le départ des forces armées par le maintien de flux financiers en direction des activités civiles afin de soutenir la reconversion économique du territoire.
L’inflation polynésienne comparée à celle de ses principaux partenaires commerciaux, se situe à un niveau relativement modeste, 0,8% en 2004, contre 2.1% en France métropolitaine et 2,2 % en zone Europe.

Les deux ressources internes qui permettent à la Polynésie de limiter sa dépendance extérieure, sont le tourisme et les exportations de produits locaux. La conjoncture internationale instable depuis 2001 pour le tourisme et la nécessaire structuration de l’activité perlière freinent l’évolution du développement du Territoire.

Le tourisme est en récession.
Les recettes touristiques en chute depuis les évènements de septembre 2001, et après une reprise en 2003, sont à nouveau en baisse en 2004 du fait de la fréquentation touristique, moins de 212.000 touristes étant venus visiter le Territoire contre 252.000 en 2000.
La capacité d’hébergement du parc hôtelier de classe internationale et la rénovation des anciennes structures, a progressée de 51 %, 6.135 en 2004 contre 4.070 chambres en 1995. L’acteur essentiel de la baisse concerne l’hôtellerie flottante, puisque le nombre de cabines de croisière est de 1.529 en 2004 pour seulement 305 unités en 1995.

La perle est en crise.
Dès les années 1970, la perliculture a connu en Polynésie un développement rapide et le produit perle noire de Tahiti, a acquis une reconnaissance sur le marché international des produits de luxe. Le Territoire est désormais le premier producteur mondial de perles de culture, qui emploie environ 7000 personnes.
Sur la période 1998-2000, la perliculture a connu une croissance exceptionnelle avec une hausse du volume des produits perliers exportés de 75 %, et de 38,7 % pour les recettes générées par les exportations. Cette hausse des volumes exportés s’est traduite par des recettes supplémentaires mais moins importantes, car la perle connaît une baisse des prix du gramme depuis plusieurs années ( - 44 % entre 1998 et 2002 avec 1.326 F.CFP le gramme ).
Ce secteur a connu un retournement de conjoncture en 2001 avec une baisse de 28,4 % de la valeur des ventes à l’étranger (-8,0 % en volume pour atteindre le même niveau que celui atteint en 1998). Il s’est stabilisé en 2002 au même niveau pour les perles brutes, les perles travaillées et les ouvrages en perles.
Cette chute des exportations trouve son origine directe dans la baisse des cours de la perle de culture, résultant principalement d’une maîtrise insuffisante de la qualité des perles introduites sur le marché, et renforcée par la dépréciation du dollar. La perle a cependant favorisé la fixation des populations des Iles Sous le Vent et des Tuamotu-Gambier, voire d’inverser le flux migratoire négatif de ces îles vers Tahiti.

La pêche souffre.
Longtemps resté au stade artisanal, le secteur de la pêche qui a connu une profonde mutation au début des années 1990, s’organise autour de la pêche traditionnelle orientée vers les marchés locaux, et une pêche de type semi-industriel avec l’essor d’une filière hauturière essentiellement tournée vers les marchés extérieurs, principalement les Etats-Unis et le Japon.
Ce secteur possède un potentiel de développement important et notamment la pêche hauturière dont la production inférieure à 300 tonnes en 1990, a presque
atteint les 8.000 tonnes en 2001, année exceptionnelle pour les professionnels concernant le volume de poisson présent dans les eaux polynésiennes, et 7.400 tonnes en 2002, année ordinaire pour les rythmes de rendement.
En 2004, le phénomène cyclonique El Nino a chassé la ressource hors des zones de pêche habituelles, et du fait de la raréfaction des poissons dans les eaux polynésiennes. le niveau de production a baissé dramatiquement ( 6.500 tonnes en 2003 et inférieur à 5.000 tonnes pour 2004 ).

Le secteur tertiaire joue un rôle prépondérant dans l’économie polynésienne et les services participent prioritairement à la croissance.
Les efforts entrepris ces dernières années par les professionnels du secteur de la branche cosmétique pour assurer la promotion du monoï sur les marchés européens et nord-américains, notamment sur le segment des produits de soins corporels, se sont traduits par une progression des exportations de produits dérivés du monoï.
Concernant l’activité portuaire, 20 paquebots internationaux de croisière ont fait escale à Tahiti en 2000 (25 en 1999), tandis que 283 cargos internationaux ont transité à Papeete (279 en 1999).

Le commerce, dont l’activité repose en grande partie sur la commercialisation de produits importés poursuit sa mutation avec la progression des taux de TVA qui a remplacé en 2002 la totalité des droits et taxes à l’importation.
Les commerces de centre-ville se modernisent avec des projets d’aménagement du centre-ville qui ont été réalisés avec notamment l’implantation de rues piétonnes. Les commerçants s’efforcent de multiplier les animations commerciales et d’améliorer la présentation de leurs vitrines afin de mieux capter la clientèle.
La restructuration du secteur de la distribution, initiée au milieu des années 1980, a suscité de nombreux changements dans les formes et les méthodes; l’essor des grandes surfaces sur le territoire ayant constitué l’un des événements marquants de la fin du siècle.
Le volume du nombre de commerces de détail à dominante alimentaire est en progression de 30 unités pour les commerces d’alimentation générale ( - de 120 m² ), de 5 unités pour les supérettes, de 6 unités pour les supermarchés, seul le volume des hypermarchés reste stable avec les 2 connus sur le marché depuis 2000.

Les industries agro-alimentaires continuent de se développer et de se moderniser pour améliorer leur productivité et tirer bénéfice de la bonne tenue de la consommation des ménages et des touristes. Elle rassemble plus du tiers des entreprises et des effectifs du secteur. Elle est caractérisée par la prédominance de PMI côtoyant un nombre limité de grandes entreprises.
La boulangerie, la pâtisserie, la charcuterie, les laiteries, les conserveries et la production des boissons constituent les industries les plus développées de la branche.

L’activité agricole joue aussi largement son rôle. Si elle ne permet pas à la
Polynésie d’être autosuffisante sur le plan alimentaire, certaines filières couvrent la majorité des besoins comme la production d’œufs, la culture maraîchère, les fruits frais – ananas, pamplemousses -, et d’autres filières commencent à rapporter des recettes significatives à l’exportation, tel le coprah dans la fabrication d’huile raffinée du monoï de Tahiti.

La vanille produite à Tahaa - 80% des volumes -, a montré des signes d’essoufflement en 2004 après avoir connu une belle et forte embellie en 2003. Le nouvel or noir de la Polynésie se vend bien sur les marchés extérieurs car la qualité de l’espèce est mondialement reconnue.

Le secteur du BTP est soutenu par la commande publique et la demande privée. Les mesures d’incitation fiscale prises par le Territoire en faveur de la construction de logements, mais également la construction du centre universitaire, du lycée hôtelier ou encore de l’hôpital stimulent l’activité.
Représentant le dixième des entreprises et moins du quart des effectifs, les auxiliaires du bâtiment regroupent principalement le travail des métaux, la fabrication de charpentes et la menuiserie

Le secteur automobile se porte bien, le taux d’équipement des ménages étant de 71.7 % en 2002, en nombre de voitures particulières à usage privé.
A TAHITI, le marché du véhicule d’occasion est florissant, les ménages et les jeunes conducteurs étant contraints de se tourner vers l’occasion plus abordable à l’achat, et en conséquence les points de vente et les unités de réparation auto connaissent les progressions les plus significatives, comme cela se traduit d’ailleurs dans le chiffres des inscriptions. ( + 8.30 % ) au Répertoire Territorial des Entreprises ( RTE ).
Parallèlement, la courbe des véhicules neufs s’inverse.

Autre marché en pleine expansion, celui des deux-roues, car les difficultés de circulation et de stationnement ont boosté leurs ventes et cette tendance devrait se confirmer dans les prochaines années.
Le parc routier de TAHITI, l’île la plus peuplée et géographiquement la plus importante n’est pas extensible, les possibilités de création de voies routières sont infimes, et le nombre d’usagers est en progression constante.
En conséquence, le réseau routier est saturé et le deux-roues apparaît comme le meilleur moyen pour échapper aux embouteillages.
En 2004, le marché des camionnettes ( moins de 3.5 tonnes ) maintient ses bons scores de 2003, avec 3.173 véhicules neufs immatriculés. Cet engouementprovient de la volonté de disposer d’un véhicule utilisable à la fois dans le cadre familial et professionnel. Dés lors, les pick-up commencent à faire partie du paysage routier.

L’artisanat apporte une réponse aux préoccupations actuelles en matière d’emploi, d’exclusion sociale et contribue au maintien des populations dans les archipels. Le tissu artisanal est toujours caractérisé par la prédominance des entreprises du bâtiment (29,7% des entreprises artisanales). Second secteur artisanal, les métiers de l’hygiène, les activités liées au travail des métaux, à la mécanique et à l’électricité.
Selon la chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers
( CCISM ), le nombre d’entreprises artisanales (employant moins de 5 personnes) s’élevait à 6.769 fin 2001 contre 6.497 fin 2000 et 6.270 fin 1999.

La ventilation par archipel met en évidence une forte concentration des entreprises artisanales dans les Iles du Vent qui demeurent le principal pôle économique de la Polynésie française.

Dossier réalisé par l’Institut de la Statistique de la Polynésie française et le Ministère de l’Outremer -2005 -

 
 
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