CGPME POLYNESIE FRANCAISE

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* Indicateurs économiques 06.2005

** Carton jaune 08.2005

*** Morosité 12.2005




Christophe Plée

Président CGPME de Polynésie française




*Les indicateurs économiques montrent de mauvais résultats et en augurent de bien pires : le commerce recule de près de 20% pour les 5 premiers mois de l'année, le tourisme est en attente de l’aboutissement de projets mis en place il y a plusieurs années, et l'on sent nettement les carnets de commande du bâtiment rester clos.

Pire, le gouvernement en place, par le truchement du ministre du travail, a bien l'intention de mettre les entreprises à nouveau à contribution.

Pourquoi ne pas nous faire payer intégralement l’allocation de la femme en congé de maternité ? La récente hausse du SMIG ne semblant pas suffire, pourquoi ne pas ajouter une prime de précarité applicable sur les CDD (et concernant uniquement nos entreprises et non l'administration)? Sans parler des lourdeurs administratives qui en découleront et pénaliseront encore les plus petites structures…

Quant aux projets de réglementation visant à lutter contre le travail clandestin, dossier qu’on ne peut qu’encourager, là encore les textes semblent vouloir toujours viser les mêmes entrepreneurs et rarement les particuliers, -grands utilisateurs de travailleurs clandestins- et encore moins les contrevenants intervenants pour leur propre compte.

Et les dispositifs d’insertions ? Après que les CIJ et DIJ aient largement bénéficié aux communes, le nouveau dispositif irait en direction des agriculteurs et artisans, en oubliant au passage les PME. Là encore nos politiques semblent confondre développement économique et solidarité.

Que dire aussi de la sous-représentation des PME dans la nouvelle composition du CESC, sinon que cela semble traduire une volonté d’ignorer la prépondérance et le rôle essentiel des PME dans le tissu économique polynésien.

Enfin nous pourrions êtres pessimistes en entendant certains commentaires à propos de ceux qui investissent chez nous et qui ont l’audace de vouloir gagner de l’argent.

Mais enfin restons optimistes.

Pourquoi me demanderez-vous ? Et bien parce que nous n’avons tout simplement pas le choix, nous autres entrepreneurs. Jour de semaine ou de week- end, nous travaillons, jour de grève ou non, nous nous levons, fatigués ou malades nous nous battons, ignorés ou lésés nous continuons. En perte ou endettés, nous investissons pour survivre.

C'est bien là notre force. Quoiqu'il advienne, nous avancerons.

Alors autant le faire avec optimisme car il en faudra !




** Carton jaune.

Alors même que beaucoup d’entre-vous étiez en vacances, le gouvernement a décidé par l’intermédiaire de son Ministre du Travail, de rompre le soutien aux entreprises pour la revalorisation du SMIG, en modifiant le DARSE par la mise en place d’une nouvelle grille.

L’aide qui avait été instaurée à l’occasion de la revalorisation du SMIG de 110 000 à 125 000 F CFP va être baissée de 20 à 70 % selon les secteurs.

Le contrat de confiance est donc rompu, et beaucoup d’entreprises vont se trouver en difficulté. Malgré nos avertissements sur une conjoncture difficile (fréquentation et recettes touristique en baisse, bâtiment et travaux publics toujours en attente du lancement d’appels d’offres pour les marchés publics, secteur du commerce sinistré) des licenciements sont malheureusement à craindre.

Ajoutez à cela les déclarations du Président de la Polynésie française sur l’indépendance, et les résultats sont sans appel : les chefs d’entreprises sont démoralisés, et les investisseurs aux abonnés absents.

Bonjour l’ambiance pour la rentrée sociale!!!.

La CGPME s'est exprimée dans les médias sur les blocages du GIP en constatant une nouvelle fois que les règles de préavis de grève n'étaient pas respectées. En bloquant à nouveau l'accès à la zone industrielle de Motu Uta, le GIP mettait gravement en péril l’activité des entreprises polynésiennes et de leurs salariés, dans une conjoncture déja très difficile.

Dans un communiqué adressé aux médias, la CGPME a dénoncé le comportement irresponsable et demandé aux autorités compétentes de faire lever les barrages dans les plus brefs délais.

Cette prise d’otage systématique des installations de Motu Uta doit être sanctionnée.

Le CGPME demande notamment que la justice s'applique de la même manière pour tous.

DARSE: le ministre change les règles et la grille.

Après avoir réuni son observatoire, le ministre du Travail et du dialogue social M. Pierre Frebault vient d'annoncer une modification du DARSE. Les mesures consistent en la mise en place d'un salaire brut plafonné selon les secteurs d'activité (de 150 à 180 000 F CFP), et surtout un profond réaménagement de l'aide attribuée aux entreprises dans le cadre de l'augmentation du SMIG et de l'effet domino qui en a suivi. La nouvelle grille fait apparaître des baisses très importantes de l'aide, ce qui va mettre en difficulté bon nombre d'entreprises qui emploient du personnel non qualifié. Les patrons qui se battent pour le maintien de l'emploi (il y a bien longtemps qu'ils ne parlent plus de création, tellement la conjoncture est mauvaise) dans leurs entreprises songent au! x plans de restructuration qu'ils vont devoir mettre en oeuvre, contraints et forcés par la puissance publique.

La commission des copains?

Le ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'industrie, des petites et moyennes entreprises (sic), du budget et de la fiscalité, a décidé d'exclure de la composition de la commission des impôts un représentant des entreprises dont il a pourtant la charge.

C'est la conclusion à laquelle notre organisation est malheureusement arrivée, devant l'absence de réponse du ministre à notre demande d'intégrer la commission des impôts. Les PME et les TPE constituent près de 90 % du tissu économique polynésien, et la CGPME, qui représente et défends les intérêts de leurs chefs d'entreprises ne sera pas présente dans la commission des impôts. Pourquoi ? On pourrait se perdre en conjectures en tentant d'y répondre. On se contentera des faits : non, c'est non.

Tripartites: Plus de rigidité ! pour décourager l'Emploi !

Le grand chantier de l'hiver austral du ministre de l'emploi : réformer le code du travail en le rendant plus complexe et plus contraignant pour les entreprises, au détriment de l'emploi. C'est le constat que la CGPME tire des discussions des réunions tripartites convoquées quelquefois dans l'urgence (pour quelles raisons fondamentales ?).

Les organisations d'employeurs ont dû se battre afin d'obtenir un délai raisonnable pour examiner correctement, et dans les meilleures conditions possibles, des projets de textes largement inspirés d'une législation métropolitaine qui a fait la démonstration de son incapacité à créer de l'emploi. Nous en prenons pour preuve les mesures exceptionnelles qui ont été prises par le gouvernement de Villepin en faveur d'un assouplissement des conditions d'embauche et de licenciement de nouveaux salariés dans les PME. La flexibilité apparaît à tous comme une mesure prioritaire pour créer de nouveaux emplois. Pourquoi pas en Polynésie ?

Tripartites (suite ): écarter les entreprises de moins de 10 salariés ?

Au menu des tripartites figurait également un projet de texte visant à modifier les règles de la représentativité syndicale (salariés et employeurs). Le texte actuel (délibération N°91-22 AT du 18 janvier 1991 modifiée), déjà assez complexe, définit la représentativité des organisations patronales par rapport aux résultats des élections professionnelles organisées dans les entreprises.

Le projet présenté par le gouvernement allait encore plus loin, en excluant les entreprises de moins de 10 salariés..Les représentants de la CGPME se sont insurgés contre le projet, et ont demandé au ministre de prévoir une disposition qui permettrait à l'ensemble des actifs (inscrits au RNS par exemple) d'être également pris en compte dans le calcul de la représentativité, ce qui apparait tout à fait normal à nos yeux. Moins à ceux du ministre qui semblerait vouloir restreindre les discussions tripartites à seulement quelques interlocuteurs.

Internet/ADSL: les tarifs doivent baisser !

Les tarifs des accès à l'Internet sont trop élevés en Polynésie française. C'est un dossier sur lequel la CGPME a eu l'occasion de s'exprimer à de multiples reprises, notamment l'an dernier. L'organisation vient d'écrire à M; Emile Vernaudon pour lui dire tout l'intérêt d'une baisse des tarifs en faveur des entreprises. Cela faciliterait les échanges, contribuerait à la promotion de nos échanges commerciaux, et au final créerait sans doute de l'emploi. Nous attendons la réponse du ministre à notre demande de rencontre.




*** MOROSITE

Au nom de la défense des intérêts de nos entreprises, je souhaite m’adresser à vous de manière solennelle, car la situation est critique, et le climat économique et social de cette fin d’année est rempli de graves incertitudes.

Les motifs d’inquiétudes ne manquent pas, et chaque jour révèle son lot de surprises.

Sur le projet Te Autaeaeraa, notre position reste cohérente et n’a pas évolué. L’élaboration lundi soir dernier d’un second accord renforce notre conviction sur les effets malheureusement pervers d’un projet élaboré dans la précipitation, et modifié à la petite semaine pour satisfaire les exigences des uns et des autres, en cédant une fois de plus à la pression des blocages routiers dont notre île a le secret, ou plutôt la manie.

Nous sommes bien loin aujourd’hui du projet initial intelligent et généreux construit par

M. Christian Vernaudon au nom de la solidarité, c’est la seule certitude qui apparaît clairement à la lecture du nouvel accord paraphé par le gouvernement et la seule intersyndicale.

Dans un autre registre, l’annulation du DARSE par le tribunal administratif constitue un avatar supplémentaire de l’immixtion de la puissance publique dans ce qui doit rester strictement une affaire entre partenaires sociaux : la revalorisation des salaires. On le constate aujourd’hui avec beaucoup d’acuité, les décisions politiques viennent polluer gravement le dialogue social et mettre sérieusement à mal ce qui a été construit difficilement tout au long de ces années. Cette annulation touche de plein fouet les petites entreprises et leurs salariés à revenus modestes. Des licenciements sont à craindre, c’est désormais une certitude, si rien n’est fait pour préserver le DARSE. Comment imaginer que les entreprises puissent rembourser des sommes qui ont avant tout servi à revaloriser les plus bas salaires ? En demandant aux salariés de rétrocéder des sommes indûment perçues ?

Soyons sérieux.

Et l’on voudrait dans ce contexte que les organisations patronales signent aujourd’hui un accord interprofessionnel garantissant à l’ensemble des salariés la prime à l’emploi contenue dans le projet Te Autaearaa ?

Restons sérieux !

Le Bureau Confédéral de la CGPME se réunira ce lundi 12 décembre pour analyser les conséquences de cette annulation, ainsi que pour définir une position face à une situation remplie d’inconnues, et pas facile à gérer. Nous n’avions certainement pas besoin de cela en plus du reste, c’est-à-dire de ce qui fait le quotidien des chefs d’entreprises depuis de trop longs mois : la morosité ambiante, l’absence de visibilité à court et moyen terme, les contraintes supplémentaires en forme de bâtons dans les roues que le ministère du Travail se complait à rajouter à la législation.

Je tenais à vous informer de la tenue de la réunion de lundi, qui pourrait déboucher sur une consultation de l’ensemble de nos adhérents sur la conduite à tenir face à des décisions menaçant la survie même de nos entreprises.









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