Au moment de l’indépendance en 1968, la situation économique était celle d’un pays sous-développé, alors qu’aujourd’hui 36 ans plus tard, ce même pays considéré comme le HONG KONG de l’Océan Indien est cité en exemple.
¤ Croissance du PIB.
L’économie mauricienne a enregistré en 2004 une
croissance réelle du Produit Intérieur Brut de 4,2 %, une performance légèrement en baisse par rapport à celle de 2003, évaluée à 4,6%.
le PIB par habitant est le plus important des Etats voisins du Sud-ouest de l'Océan Indien, derrière les SEYCHELLES !!!! soit 3.740$US, mais devant l'Afrique du Sud.
La croissance a été soutenue par le secteur manufacturier ( hors zone franche ), aussi par le secteur des services et par une demande interne revitalisée.
¤ Le niveau général des prix est à la hausse.
Le taux d’inflation a atteint 4,7 % en 2004, taux le plus élevé depuis 2002 ( 6,4 % ). Cette hausse s’explique principalement par l’alourdissement au niveau international des prix du fret et par l’augmentation des prix du pétrole.
¤ L’industrie manufacturière a connu par le passé une forte extension.
En effet au début des années 1970, afin d’attirer les investisseurs, le gouvernement de l’époque créa une zone franche manufacturière présentant 3 atouts majeurs :
- une main-d’œuvre de qualité peu chère ;
- la détaxation et la suppressions des quotas pour les exportations sur le marché européen grâce aux accords de LOME ;
- des avantages fiscaux ( non imposition des bénéfices et des dividendes ) pour les entreprises s’y installant.
¤ Zone franche.
La zone franche a permis la création de plus de 80.000 emplois et a généré 2 fois plus de recette que le tourisme. Pourtant, même si le textile représentait 81 % des exportations du pays en 1999, l’augmentation du niveau de vie a rendu la main- d’œuvre mauricienne de moins en moins compétitive.
Ainsi 2004 a enregistré une contraction de ( moins 6,8 % ) confirmant ainsi la rude concurrence avec les pays émergents et la Chine dans la lutte aux parts du marché des textiles. Le nombre d’emplois dans ce secteur qui s’élevait à 77.623 en 2003 s’est réduit à 68.022 en 2004.
Les entreprises de l’industrie du textile-habillement ont donc besoin de se restructurer et de développer d’autres stratégies pour faire face à la conjoncture internationale difficile, à la concurrence et aux nouveaux défis, dont l’abolition des quotas avec le démantèlement de l’accord multi-fibres.
Pour palier la crise du textile, la zone franche s’est ouverte à des activités ayant une valeur ajoutée supérieure et mettant en œuvre des technologies plus avancées comme l’imprimerie et l’informatique.
Ainsi, le secteur de l’informatique, considéré comme un composant important dans la stratégie de développement au cours de ces dernières années, a connu une évolution importante et une croissance rapide. Les activités sont concentrées autour de la technologie informatique et l’externalisation de processus d’affaires. En juin 2004, ce secteur comptait à peu près 60 entreprises, employant 2.930 personnes.
¤ Boom du tourisme.
Le tourisme est un pilier de l'économie mauricienne.
Le nombre d’arrivées dans l’île est passé de 10.000 personnes en 1965 à 702.000 en 2003. La croissance des arrivées de touristes en 2004 ( 718.800 soit + 2,4 % ) a été légèrement inférieure à celle de 2003(+ 3%). Toutefois, elle est insuffisante pour remplir le nombre croissant des chambres d’hôtels (+ 990), conséquence de la construction de trois nouveaux hôtels et la modernisation des établissements existants par des investissements conséquents , portant à une capacité de 10.640 chambres.
Les grands hôtels représentent 40% du parc hôtelier et ils témoignent de la tendance aux grands complexes de luxe, dans un souci d'image haut de gamme.
Ils sont concentrés au nord-ouest, à l'est et à l'ouest de part et d'autre de Flic-en-Flac.
La France demeure toujours le 1er marché pour MAURICE soit 28,5 % des visiteurs annuels, sans compter les touristes réunionnais voisins qui fournissent en plus 14 % des arrivées. Pour ces derniers, compte tenu du moindre coût du billet d’avion, l’île MAURICE est une destination privilégiée pour des départs familiaux entre amis ou en groupe, et abordable pour un budget moyen.
¤ L’Industrie sucrière.
Elle demeure un pilier important de l’économie mauricienne, la canne couvre 40 % du territoire, générant une production exportée vers les pays européens majoritairement, a des perspectives peu brillantes, du fait du projet de réforme du régime sucrier européen qui va induire de graves conséquences économiques.
De plus en 2008, prendront fin les accords de LOME qui permettent actuellement aux producteurs mauriciens de vendre leur sucre en Europe, 2 ½ fois plus cher que le cours mondial.
Pour passer ce cap difficile le secteur devra considérablement augmenter sa productivité en modernisant son outil de production et en concentrant l’activité, ce qui signifie que dans les proches années 5 ou 6 usines sucrières subsisteront contre 11 actuellement et 260 dans le passé.
¤ Même si des réformes ont été entreprises au niveau de l’éducation, des services financiers et de la douane, le pays devra donc continuer à trouver les moyens d’adapter ses structures économiques pour demeurer compétitif en vue d’assurer une croissance soutenable. Il lui faudra aussi identifier d’autres sources de croissance visant à mettre le pays résolument sur la voie d’une économie de services.
>> Dossier réalisé par la direction régionale de l’INSEE avec le concours du Ministère des Finances et du Développement Economique de MAURICE.